COLLECTION ABEL BATAILLARD ET JEAN PIERRE GUIGO BATAILLARD

Une dynastie de ferronniers d’art
Cette collection exceptionnelle rassemble les œuvres de deux générations de ferronniers d’art français : Abel Bataillard (1877-1973) et son petit-fils, Jean-Pierre Guigo Bataillard (1933-2020). À travers leurs créations se dessine plus d’un siècle de savoir-faire et d’invention, au sein d’un atelier parisien qui contribua au renouvellement de la ferronnerie décorative au XXème siècle.

Abel Bataillard, le maître de Montmartre
Né en 1877 dans une famille de forgerons de l’Ain, Abel Bataillard se forme à Paris auprès d’Émile Robert et d’Ernest Borderel avant de fonder, en 1901, son atelier au pied de la butte Montmartre. Il y développe rapidement une production où la maîtrise technique de la forge s’allie à une recherche décorative et architecturale affirmée.
Sollicité pour d’importants chantiers de restauration patrimoniale, notamment les grilles de Jean Lamour de la place Stanislas à Nancy – dont plusieurs éléments sont présentés ici –, il acquiert une réputation qui lui vaut d’être surnommé par ses contemporains « le maître de Pigalle ».
Son atelier collabore avec les grandes maisons de décoration parisiennes, parmi lesquelles Jansen, Mercier Frères et Leleu, réalisant grilles, rampes, luminaires et mobilier destinés à des commandes prestigieuses en France comme à l’international. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, près d’une quarantaine d’artisans y travaillent, témoignant de l’importance et du rayonnement de cette production.
L’apport d’Abel Bataillard s’inscrit également dans la formation de plusieurs générations d’apprentis devenus à leur tour ferronniers reconnus parmi lesquels Gaston Mourlot et Claire Delangle, l’une des premières femmes du métier, qu’il fera évoluer jusqu’à la direction d’atelier.

Jean-Pierre Guigo Bataillard, l’héritier créateur
début des années 1950, Jean-Pierre Guigo Bataillard rejoint l’atelier familial et en prolonge la tradition tout en lui apportant une orientation nouvelle. Diplômé des Arts appliqués, compagnon ferronnier, dessinateur-créateur et spécialiste du repoussage, il développe une œuvre où la ferronnerie s’ouvre progressivement à une approche plus sculpturale.
Le fer forgé dialogue alors avec l’aluminium, le cuivre, l’inox ou le laiton, parfois associés au verre ou au bois, dans une recherche attentive des volumes, des matières et de la lumière nourrie par son intérêt pour les arts plastiques et l’art sacré. Attaché à la vie artistique montmartroise, il approfondit sa pratique du modelage au Bateau-Lavoir et s’investit durablement dans la transmission des métiers d’art, à travers l’enseignement, la formation professionnelle et sa participation à différents jurys spécialisés.
Depuis le début des années 2000, les Ateliers Bataillard sont associés à la Maison Meilleur, fondée en 1921 et spécialisée dans la bronzerie d’art. Héritière d’une tradition liée notamment à l’œuvre de Gilbert Poillerat, cette réunion des compétences prolonge l’inscription des ateliers dans l’histoire des arts décoratifs du métal au XXème siècle, réunissant ferronnerie, serrurerie décorative et bronzerie au sein d’une même entité.

Réunies aujourd’hui, les œuvres d’Abel Bataillard et de Jean-Pierre Guigo Bataillard témoignent d’une même exigence du métier, du dessin et de la matière. De la ferronnerie décorative à la sculpture du métal, cette collection révèle une histoire familiale où la forge devient un langage artistique à part entière.