Anatole, Comte Demidoff (1813-1870) prince de San Donato, industriel, collectionneur et mécène russe, mari de la Princesse Mathilde. 3 L.A.S. et 1 L.A., 1846, à sa femme la Princesse Mathilde, et 1 L.A. (minute) de la Princesse Mathilde ; 11 pages in-4° ou in-8° (petites fentes à une lettre) et 3 pages in-8°. Correspondance sur leur séparation. [Paris] 17 janvier. Le Prince écrit : « Napoléon m'a montré une lettre que tu lui adressais, et dans laquelle tu lui dis que j'ai reconnu tous mes torts - soit - mais en admettant que j'en aie eus - tu m'avoues cependant que dans certains cas - ils étaient au moins réciproques - récriminer sur le passé - ne sert en rien le présent et n'assure point l'avenir »... Il l'invite à modifier les causes de leurs différends, « unique moyen de consolider des liens aussi intimes que ceux du mariage », et à éviter les tiers qui ne valent jamais rien dans leurs interventions entre mari et femme. « Il faut laver son linge sale en famille disait l'Empereur et tu sais - s'il a jamais dit mal »... 17 janvier. Mathilde réplique : « Ta lettre ne répond nullement à mon désir. - Elle m'accuse autant que tu t'accuses toimême et c'est ce que je ne peux pas admettre. Car le seul tort que tu puisses me reprocher c'est le mot canaille que j'aurais prononcé avant-hier après les injures que tu m'as dites. C'est toi qui le premier a parlé de séparation, et non pas moi »... Ainsi elle a chargé Napoléon (son frère) à parler en son nom, et veut un « arrangement par écrit » qui « resterait parfaitement secret jusqu'au jour où de nouveaux griefs me forceraient à en faire usage. Ce sera une garantie pour tous les deux. Après ce qui s'est passé entre nous, il me faut une sécurité quelconque »... Saint-Pétersbourg 21 septembre/3 octobre. Demidoff a fait établir un acte, revêtu de la sanction du Tsar, qui garantira l'existence de Mathilde en lui assurant « cette jouissance immédiate » à laquelle elle attache tant d'importance, depuis que des idées d'indépendance se sont emparées de son esprit pendant le séjour qu'elle
Résultat
3 000 €
Frais de vente
0%
Anatole, Comte Demidoff (1813-1870) prince de San Donato,
industriel, collectionneur et mécène russe, mari de la Princesse Mathilde. 3 L.A.S. et 1 L.A., 1846, à sa femme la Princesse Mathilde, et 1 L.A. (minute) de la Princesse Mathilde ; 11 pages in-4° ou in-8° (petites fentes à une lettre) et 3 pages in-8°. Correspondance sur leur séparation. [Paris] 17 janvier. Le Prince écrit : « Napoléon m'a montré une lettre que tu lui adressais, et dans laquelle tu lui dis que j'ai reconnu tous mes torts - soit - mais en admettant que j'en aie eus - tu m'avoues cependant que dans certains cas - ils étaient au moins réciproques - récriminer sur le passé - ne sert en rien le présent et n'assure point l'avenir »... Il l'invite à modifier les causes de leurs différends, « unique moyen de consolider des liens aussi intimes que ceux du mariage », et à éviter les tiers qui ne valent jamais rien dans leurs interventions entre mari et femme. « Il faut laver son linge sale en famille disait l'Empereur et tu sais - s'il a jamais dit mal »... 17 janvier. Mathilde réplique : « Ta lettre ne répond nullement à mon désir. - Elle m'accuse autant que tu t'accuses toimême et c'est ce que je ne peux pas admettre. Car le seul tort que tu puisses me reprocher c'est le mot canaille que j'aurais prononcé avant-hier après les injures que tu m'as dites. C'est toi qui le premier a parlé de séparation, et non pas moi »... Ainsi elle a chargé Napoléon (son frère) à parler en son nom, et veut un « arrangement par écrit » qui « resterait parfaitement secret jusqu'au jour où de nouveaux griefs me forceraient à en faire usage. Ce sera une garantie pour tous les deux. Après ce qui s'est passé entre nous, il me faut une sécurité quelconque »... Saint-Pétersbourg 21 septembre/3 octobre. Demidoff a fait établir un acte, revêtu de la sanction du Tsar, qui garantira l'existence de Mathilde en lui assurant « cette jouissance immédiate » à laquelle elle attache tant d'importance, depuis que des idées d'indépendance se sont emparées de son esprit pendant le séjour qu'elle
Vente
jeudi 2 juillet・14:00 (Europe/Paris)
Salle 16 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris